Manoir d'ossau - Gîte rural - Chambres d'hôtes - Jean et Lili Asnar - 64260 Iseste - http://www.manoirdossau.fr

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    Toutes de plein pied, chacune avec sanitaire attenant et dont l'aménagement et la déco ont été réalisés avec le soucis du détail
    Elles portent toutes le nom d'une fée pyrénéenne dont l'histoire vous sera racontée avec plaisir par la maîtresse des lieux.


CHAMBRE : MARGALIDE bul    Margalide était une fée belle, très belle, si belle que sa beauté rayonnante excita la jalousie des Dames Blanches de la montagne de Gez qui surveillaient l'entrée du Val d'Azun, au carrefour d'Ourout.
    Trop belle pour courir librement, trop belle pour être prise par les hommes qui n'auraient plus d'yeux que pour elle, trop belle à faire tourner les coeurs et la raison...
    Les Dames Blanches de Gez condamnèrent la pauvre Margalide à vivre sous la terre, errant entre les fontaines de Capdivère et celle de Bardéroun. Seule une main pure pourrait lui faire recouvrer sa liberté, à condition que cette main déroulât jusqu'au bout le peloton de soie rouge dont la fée était nantie. Aussi Margalide laissait-elle flotter dans l'onde claire de la fontaine l'extémité du fil de soie, espérant ardemment la venue de cette main salvatrice qui changerait enfin son destin.
    Un jour, la fontaine reçut la visite d'une jeune fille d'Arcizan, venue puiser de l'eau avec sa cruche. Le ruban de soie rouge ondulant au gré du courant éveilla sa curiosité et son désir : sa main innocente plongea dans l'eau fraîche pour cueillir le fruit de sa convoitise. Elle saisit entre ses doigts menus le fil dansant et tira prestement; le fil s'enroula tout seul dans sa main, sous ses yeux émerveillés.
    Chez elle, on ne tissait que du grossier fil de lin, qui donnait un tissu frais, certes, mais épais et terne. Jamais on ne touchait un fil de soie; et les mains rudes de la petite paysanne s'extasiaient sur ce fil si beau, si brillant, si doux, fin et léger comme un fil de la vierge et qui semblait ne jamais devoir finir. Elle en ferait un mouchoir de soie qu'elle broderait au petit point, comme les demoiselles. Elle le ferait choir en l'église afin qu'un jeune homme le ramassât et le lui rapportât.
    Mais soudain une voix tranche le rêve de la jeune fille : c'est sa mère, là-bas, qui appelle. La petite entend bien mais fait la sourde oreille : ce fil si rare, elle ne peut le laisser. Elle le tire délicatement mais fermement, il est si ténu, si fragile, et semble naître de l'onde même; il s'étire sans fin et le peloton de soie grossit entre ses petites mains. S'il y en a assez, elle pourra faire un foulard pour les jours de fête, comme il sera beau sur ses cheveux noirs.... et pourquoi pas un tablier de soie ou un châle à franges...
    Au loin, la mère redouble ses appels, la voix impatiente se fait orageuse et l'enfant hésite, partagée entre son devoir d'obéissance et sa découverte extraordinaire qu'elle ne veut pas laisser perdre. Elle continue d'enrouler le fil , vite, vite, le coeur battant, comme un voleur s'emparant d'un trésor et le fil court toujours.
    La colère éclate cette fois dans la voix maternelle, ce ne sont plus qu'imprécations et menaces ... et l'enfant s'effraie. Elle tire le fil une dernière fois, le cisaille entre deux pierres, se redresse vivement puis rentre chez elle enfin soumise, le peloton de soie rouge serré contre son coeur sous sa chemise, laissant son oeuvre de délivrance inachevée.
    Elle n'a pas fait trois pas qu'un cri sorti de la fontaine la fait se retourner, un cri de désespoir et de colère. Le fil a été rompu trop tôt... alors même que la fée apparaissait à son extrémité, à demi sortie de sa guangue de pierre. Il s'en était fallu d'un instant.
    Depuis ce temps, MARGALIDE est restée ainsi, un pied dans la fontaine, l'autre dans le rocher, prisonnière pour l'éternité. A moins qu'un jour, une main pure en quête de merveilleux ne plonge dans l'eau fraiche de la fontaine et la délivre."


    Jolie chambre gaie confortable, et vous invitant au repos après vos longues randonnées en montagne.
CHAMBRE : PYRÈNE bulAprès la création de la terre, à l'aube des temps, vivait dans une contrée de hautes montagnes et de profondes vallées une peuplade appelée Bekrydes. Leur souverain, Bebryx, avait établi sa cour dans la plus vaste grotte connue des hommes : Lombrives. Sa fille, belle, jeune et douce, prénommée Pyrène, était courtisée par tous les rois et seigneurs des environs. Mais en vain !
     Un jour , venant des bords de la mer Egée, un jeune et bel homme, un héros, dénommé Hercule, arriva au pays des Bebrydes.
Il fit la connaissance de Pyrène et fréquemment, se retrouvèrent. Par une chaude nuit d'été dans la pénombre étoilée, au milieu de senteurs de mille fleurs, leur deux corps d'adolescents vécurent frénétiquement le même instant.
     Quelques temps après, Hercule fut demandé pour d'autres travaux, un creusement de portes dit-on l'appelait au delà de ces montagnes. Pyrène restait bien seule tandis que sa taille portait la trace de ces fols amours ... Aussi eut-elle peur, de se montrer face à tous, face à son père le roi Bebryx, d'affronter la colère du souverain offensé. C'est pourquoi elle décida de fuir loin du royaume des Bebrydes.
     Au cours de son chemin, un ours, un terrible ours brun s'approcha d'elle, la griffa, la terrassa, déchira son visage et son corps. Pyrène, de douleur hurla. Hercule qui entendit l'écho d'une vois agonisante, laissa tomber ses outils et ses travaux et, d'un bond, par dessus cimes et torrents, accourut pour recueillir dans ses bras, sa bien aimée, morte.
     Au coeur de l'endroit le plus grandiose de l'immense grotte de Lombrives, dans une salle ornée de roches dorées, eut lieu une grande cérémonie en présence de tous les hauts dignitaires du royaume des Bekrydes. Hercule lentement prononça ces quelques mots d'adieu : «Afin que ton nom, ma chère Pyrène, soit conservé à jamais par les hommes qui peupleront cette terre, ces montagnes dans lesquelles tu dors pour l'éternité, s'appelleront dorénavant : Les Pyrénées.»


    Rustique et chaleureuse, située plein sud et donnant sur la terrasse, face aux collines de lazerque.
CHAMBRE : MÉLUSINE bulRaymondin, neveu du Comte de Poitiers et fils du Comte de Forez, tue accidentellement son oncle en forçant un sanglier féroce.
     Aveuglé par la douleur, il chevauche dans la forêt et à minuit, rencontre à la fontaine de Soif ou « fontaine faée » trois femmes dont Mélusine.
     Elle le réconforte et lui propose de l'aider et de faire de lui un très puissant seigneur, à condition de devenir sa femme. De plus, elle lui fait jurer de ne jamais chercher à la voir le samedi. En gage, elle lui offre deux verges d'or qui « ont moult grand vertu ».
     « La prospérité comble le couple. Mélusine en est l'artisan très actif, défrichant et construisant villes et châteaux forts, à commencer par le château de Lusignan. Ils ont aussi beaucoup d'enfants, dix fils dont plusieurs deviennent rois par mariage, tel Urian, roi de Chypre, Guion, roi d'Arménie, Renaud, roi de Bohême. Mais chacun a une tare physique au visage, comme Geoffroy à la grande dent, le sixième.
     Jean d'Arras s'étend sur les prouesses de ces fils, notamment sur leurs combats contre les Sarrasins. »
     Cependant, un samedi, alors que Mélusine et Raymondin vont à Mervent, le comte de Forez, frère de Raymondin, leur rend visite et s'étonnant de l'absence de Mélusine, l'accuse de déshonorer son mari ou d'être « un esprit faée ». Aveuglé par la colère et la jalousie, Raymondin perce de la pointe de son épée la porte de la salle où sa femme est enfermée et la voit en train de se baigner dans une grande cuve de marbre « qui estoit jusques au nombril en figure de femme et pignait ses cheveux et du nombril en aval estoit en forme de la queue d'un serpent ».
     Comme il garde le secret de sa découverte, Mélusine peut encore rester avec lui comme avant. Raymondin, empli de remords, chasse son frère en le menaçant et disculpe Mélusine.
     Peu après, Geoffroy à la grande dent brûle l'abbaye de Maillezais et son frère Fromont qui était moine. Raymondin, furieux, s'emportant contre Mélusine, lui reproche publiquement d'être « une très fausse serpente » responsable des tares et des méfaits de sa progéniture.
     Mélusine, dont la nature est dévoilée, doit quitter le château. Après des adieux émouvants et des recommandations prophétiques (don d'anneaux), elle s'envole par la fenêtre, se mue en serpente et va survoler la tour poitevine de Lusignan en poussant des cris déchirants. Elle reviendra pour s'occuper de ses enfants nuitamment et à l'insu de tout le monde (exepté les nourrices) et pour annoncer, trois jours avant, la mort d'un des siens.
     Désespéré, Raymondin se fait ermite à Montserrat. Quant à Geoffroy, il rebâtit Maillezais après s'être confessé au pape.


Extrait de La Fée Mélusine au Moyen Age,
Françoise Clier-Colombani, édition Léopard d'Or, 1991, page 12.


    Ambiance romantique pour cette chambre joliment décorée, très lumineuse et donnant sur le jardin.

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